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Un auteur compositeur, une chanson

Bernard Lavilliers   Auteur compositeur français  (Saint-Étienne, 1946)

Difficile de caractériser une personne en quelques mots et pourtant le titre de cet album paru fin 2010 pourrait le faire à merveille. Celui-ci s´intitulait Causes perdues et musiques tropicales. Ce titre vient d´une discussion avec François Mitterrand dans les années 1980. Lavilliers avait été invité au ministère de la Culture en compagnie d´autres artistes.  Le président de l´époque lui demande ce qu´il fait de ses journées. Lavilliers répond : “ je chante des causes perdues sur des musiques tropicales”

Un autor compositor, unha canción
Bernard Lavilliers Autor compositor francés ( Saint-Étienne, 1946) Difícil definir a unha persoa en poucas palabras e con todo, o título dun álbum saído a finais de 2010 faio de marabilla. Este titulábase Causas perdidas e músicas tropicais. Este título provén dunha charla con François Mitterrand nos anos 1980. Lavilliers, do mesmo xeito que outros artistas, fora convidado o Ministerio de cultura. O Presidente por aquel entón pregúntalle o que fai ao longo do día. Lavilliers contesta. “Canto causas perdidas con músicas tropicais.”

Une chanson sur la dignité humaine et le droit de travailler.

Cette chanson fait partie de l´album “Arrêt sur image”, sorti en 2001. La chanson est consacrée au désarroi ouvrier ayant perdu son emploi. Ce qui la caractérise c´est ce contraste entre les paroles et la musique: rythme capverdien virevoltant.

Ici Lavilliers chante le désespoir ouvrier sans grande possibilité de reconversion en raison du déclin des secteurs industriels traditionnels, la concurrence étrangère moins chère, l´apparition de nouveaux produits, le coût de la main d´œuvre jugé trop élevé par rapport à ceux des pays émergents…. La progression du pétrole au détriment du charbon, le manque de modernisation. Tout cela plongera les bassins houillers  et les grandes régions de la sidérurgie dans la crise dès la fin des années 1960. Cette crise se soldera par la fermeture progressive des mines et des usines, contribuant ainsi à la désindustrialisation de pans entiers de l´économie française…

Le refrain “Travailler encore” donne un ton de revendication et de résistance à la chanson.

Tout comme les mains d’or savent fondre les métaux, le chanteur fait naître la fusion musicale; le rythme insuffle une énergie, une pulsation dansante à une chanson consacrée aux drames du chômage dans une Europe en désindustrialisation.  

 La grande force de la chanson est qu’elle parle de la dignité de l’ouvrier, détenteur d’un savoir faire précieux, d’un homme toujours animé par la volonté du travail bien fait, accompli grâce à ses «mains d’or».

  La chanson constitue sans doute aussi pour le chanteur un clin d’œil à son histoire personnelle et familiale. En effet, derrière le pseudo Lavilliers se cache Bernard Oillon. Né dans le Forez en 1946, Lavilliers a débuté à 16 ans comme tourneur sur métaux à la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne. Son père, ancien résistant (FTP) et communiste, a travaillé toute sa vie dans cette même Manufacture d’armes de Saint-Étienne où il était également délégué syndical CGT. «Lavilliers raconte ainsi la genèse des Mains d’or: «J’étais à Toulouse quand j’ai écrit ce texte, dans ma chambre d’hôtel. À la télévision, je voyais des usines qui fermaient et des salariés qui disaient : » On veut travailler, c’est tout ce qu’on demande.» (…) Grâce au destin, mon père, qui a travaillé toute sa vie à la manufacture d’armes de Saint-Étienne, a échappé à ça. Il n’a pas été viré ni mis en préretraite.«

Les mains d’Or

Un grand soleil noir tourne sur la vallée

Cheminées muettes, portails verrouillés

Wagons immobiles, tours abandonnées

Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

 

On dirait, la nuit, de vieux châteaux forts

Bouffés par les ronces, le gel et la mort

Un grand vent glacial fait grincer les dents

Monstre de métal qui va dérivant

 

J’voudrais travailler encore, travailler encore

Forger l’acier rouge avec mes mains d’or

Travailler encore, travailler encoré

Acier rouge et mains d’or

 

J’ai passé ma vie là, dans ce laminoir

Mes poumons, mon sang et mes colères noires

Horizons barrés là, les soleils très rares

Comme une tranchée rouge saignée sur l’espoir

 

On dirait le soir des navires de guerre

Battus par les vagues, rongés par la mer

Tombés sur le flan, giflés des marées

Vaincus par l’argent, les monstres d’acier

 

J’voudrais travailler encore, travailler encore

Forger l’acier rouge avec mes mains d’or

Travailler encore, travailler encore

Acier rouge et mains d’or

 

J’peux plus exister là

J’peux plus habiter là

Je sers plus à rien, moi

Y’a plus rien à faire

Quand je fais plus rien, moi

Je coûte moins cher

Que quand je travaillais, moi, d’après les experts

 

J’me tuais à produire pour gagner des clous

C’est moi qui délire, ou qui deviens fou?

J’peux plus exister là, j’peux plus habiter là

Je sers plus à rien, moi, y’a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore, travailler encore

Forger l’acier rouge avec mes mains d’or

Travailler encore, travailler encore

Acier rouge et mains d’or

As mans douradas

Un grande sol negro vira encol do val,

chemineas mudas, portais pechados,

vagóns inmóbiles, torres abandonadas.

Nin unha labarada laranxa no ceo húmido.

 

Pola noite, parecen vellas fortalezas

comestas polas silveiras, a xeada e a morte.

Un forte vento xeado fai renxer os dentes.

Monstro metálico á deriva.

 

Quixera traballar aínda, traballar aínda,

forxar o aceiro vermello coas miñas mans douradas

Traballar aínda, traballar aínda.

Aceiro vermello e mans douradas

 

Pasei alí a miña vida, nese obradoiro de laminado.

Os meus pulmóns, o meu sangue e as miñas carraxes negras.

Horizontes cortados, soles escasos

como unha trincheira vermella desangada na esperanza.

 

No serán, parecen barcos de guerra

batidos polas ondas, roídos polo mar,

deitados polo flanco, golpeados polas mareas,

vencidos polo diñeiro, monstros de aceiro.

 

Eu quixera traballar aínda, traballar aínda,

forxar o aceiro vermello coas miñas mans douradas.

Traballar aínda, traballar aínda,

aceiro vermello e mans douradas.

 

Xa non podo existir alí,

xa non podo vivir alí.

Eu xa non sirvo para nada.

Non hai máis nada que facer,

cando eu non fago nada máis.

Eu son máis barato

que cando traballaba, segundo os expertos

 

Matábame a producir para gañar unha miseria

Son eu quen delira ou quen se volve tolo?

Xa non podo existir alí, Xa non podo vivir alí.

Eu xa non sirvo para nada, Non hai máis nada que facer

Quixera trabalar aínda, traballar aínda.

Forxar o aceiro vermello coas miñas mans douradas.

Traballar aínda, traballar aínda,

aceiro vermello e mans douradas

Ghislaine Gourlaouen Bryselbout

Ghislaine Gourlaouen Bryselbout

Profesora de francés

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